: Ajouté le 1/6/2006 à 18:40
Il y a quelques jours un séisme ravageait une région déjà très durement touchée par le passé, l'Indonésie.
Cette catastrophe naturelle me conduit à penser à d'autres catastrophes humanitaires et humaines. Le Darfour en particulier dont on ne parle pas, qui est censé être résolu depuis le mois de janvier après la signature d'un accord entre les partis belligérants.
Et pourtant, après environ 1,5 million de morts et quatre millions de déplacés et près de six mois après l'accord où en est-on? Au même point humanitaire!
Je laisserai la parole à des personnes bien mieux informées que moi:
RAPPORTS DU SECRETAIRE GENERAL SUR LE SOUDAN DECLARATION DU PRESIDENT DU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES
(New York, 11 mai 2006) Le Conseil de sécurité se réjouit de l'accord conclu le 5 mai 2006 dans le cadre des pourparlers de paix intrasoudanais, qui est la base d'une paix durable au Darfour ; il félicite les signatairesde l'accord ; il remercie de leurs efforts M. Sassou Nguesso, présidentde la République du Congo, M. Obasanjo, président du Nigeria, qui a accueilli les pourparlers, et M. Salim Ahmed Salim, Envoyé spécial de l'Union africaine et négociateur en chef ; il demande à toutes les parties de respecter les engagements qu'elles ont pris et de mettre sans retard l'accord en application ; il demande instamment aux mouvements qui ne l'ont pas fait de le signer sans plus tarder, en leur faisant valoir les avantages qu'ils y trouveront et qu'y trouvera le peuple duDarfour, et de n'empêcher en aucune façon la mise en œuvre de l'accord ; il se félicite de la prochaine réunion du Conseil de paix etde sécurité de l'Union africaine, le 15 mai 2006. Le Conseil félicite l'Union africaine du succès remporté dans des circonstances difficiles par sa mission au Soudan, la MUAS ; il souligne la nécessité de renforcer d'urgence celle-ci, comme il est indiqué dans les conclusions du rapport de la Mission d'évaluation conjointe qui a eu lieu du 10 au 20 décembre 2005, afin qu'elle puisse soutenir la mise en œuvre de l'Accord de paix sur le Darfour en attendant le déploiement d'une opération des Nations Unies ;il demande au Secrétaire général et à l'Union africaine d'organiser au plus tôt une conférence pour les annonces de contributions ; il invite instamment les Etats membres et les organisations internationales et régionales à prêter leur concours à la MUAS par tous les moyens possibles. Le Conseil souligne que le Secrétaire général devrait se concerter conjointement avec l'Union africaine, en consultation étroite et permanente avec le Conseil de sécurité et en coopération etconsultation étroites avec les parties aux pourparlers de paix d'Abuja,dont le gouvernement d'unité nationale, concernant toutes les décisions relatives à la transition vers une opération des Nations unies ; il attend avec intérêt de recevoir du Secrétaire général, dès quepossible, le plan que propose celui-ci pour monter une opération des Nations unies au Darfour ; il demande à cet égard au gouvernement d'unité nationale de faciliter le séjour au Darfour d'une mission d'évaluation technique commune de l'ONU et de l'Union africaine ; il invite le Secrétaire général à consulter d'urgence les pays qui pourraient fournir des contingents militaires sur les moyens nécessaires à une opération des Nations unies ; il insiste sur le fait qu'une telle opération doit avoir un fort caractère africain et une forte participation africaine ; il demande aux organisations régionales et internationales et aux Etats membres de fournir à l'opération des Nations Unies toute l'assistance possible. Le Conseil se déclare profondément préoccupé par la dégradation de la situation humanitaire au Darfour ; il se félicite dela présence sur place du coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU,Jan Egeland ; il se déclare profondément préoccupé par le déficit dufinancement humanitaire ; il invite instamment les Etats membres à fournir un surcroît de ressources ; il demande à toutes les parties soudanaises de respecter la neutralité, l'impartialité et l'indépendance des agents de l'aide humanitaire./.
De retour d'une visite sur le terrain au Soudan et au Tchad, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, a appelé, lors d'un exposé au Conseil de sécurité, à renforcer d'urgence la Mission de l'Union africaine et le financement des secours humanitaires. « Les prochaines semaines seront absolument cruciales pour des millions de personnes dans la région. Avec la signature de l'accord de paix sur le Darfour, avant mon arrivée au Soudan, il y a enfin un véritable espoir. Mais l'on risque aussi d'entrer dans une spirale qui précipitera des millions de personnes au fond des abysses», a déclaré aujourd'hui Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU,dans un exposé au Conseil de sécurité. Face à cette perspective, Jan Egeland a appelé à mettre en oeuvre l'accord de paix et à y rallier ceux qui ne l'ont pas signé, renforcer immédiatement et substantiellement la Mission del'Union africaine au Soudan (MUAS), prendre des mesures concrètes pour accélérer la transition vers une opération des Nations Unies etgarantir le financement et la sécurité des secours humanitaires apportés à plus de trois millions de personnes. Concernant le renforcement de la MUAS, Jan Egeland aplaidé pour un appui urgent, alors que les « courageux membres de laMission n'ont pas été payés depuis deux mois ». Le Conseil de sécurité a adopté mardi dernier unerésolution donnant une semaine au gouvernement du Soudan pour accepterune mission d'évaluation pour le déploiement force des Nations Uniesdans la région du Darfour qui remplacerait l'actuelle force de l'Unionafricaine (dépêche du 16.05.06). S'agissant des restrictions à l'accès des secourshumanitaires, Jan Egeland a indiqué que « le ministre des Affaireshumanitaires du Soudan et le vice-président l'avaient assuré que lemoratoire sur le Darfour serait mis en oeuvre » et que « les procéduresimposées aux organisations humanitaires devaient êtres claires etprévisibles ». Le gouvernement soudanais a récemment pris desengagements pour atténuer les effets d'une loi restrictive au regarddes organisations non gouvernementales (ONG), que le Secrétaire généraladjoint avait mis au rang, avec les autres « obstructions » mises enplace par les autorités, de « cauchemar orwellien de restrictionsbureaucratiques sans fin qui entravent intentionnellement, et avecsuccès, la capacité à aider ceux qui sont dans le besoin » (dépêche du4.05.06). Jan Egeland a indiqué que le vice-président avaitdéclaré publiquement l'intention du gouvernement de garantir un pleinaccès humanitaire au Darfour », ajoutant que les ONG avaient étéinvitées à Khartoum à contribuer à l'élaboration des décretsd'application de la loi qui restreint leurs activités. « Je prends pour acquis que les visas et permis deséjour continueront d'être valides jusqu'à la fin du mois de janvier2007 », a-t-il souligné, plaidant pour la levée des restrictions enparticulier des secours à destination de l'Est du pays. A propos de la poursuite du financement du programmed'assistance humanitaire, « un certain nombre de nouvellescontributions ont réduit le déficit de financement pour le Darfour de80% à 60% », a dit le Secrétaire général adjoint. Cela signifie que le Programme alimentaire mondial(PAM) pourra réduire dans une proportion moindre que prévue les rationsaux réfugiés, grâce à des dons généreux des Etats-Unis, une promesse dedons de la Commission européenne et une contribution sous formes decéréales de la part du gouvernement soudanais. « C'est la première contribution du gouvernementsoudanais à un appel des Nations Unies depuis le début de la crise duDarfour, ce qui lance un signal important », a dit Jan Egeland. Mais le PAM aura encore besoin de 53.000 tonnes de céréales de septembre à octobre pour couvrir la « saison maigre ». Au total, a dit Jan Egeland, qui est Coordonnateurdes affaires humanitaires, les Nations Unies font toujours face à undéficit de 389 millions de dollars pour le Darfour seulement. Espérant que le gouvernement soudanais saura comblercertains manques tels que le paiement des salaires des enseignants, leCoordonnateur a rappelé qu'il avait approuvé l'affectation d'une sommede 21 millions de dollars du Fonds central d'intervention d'urgence(CERF) pour couvrir les besoins les plus urgents qui ont découlé de ladernière vague de déplacements des populations. Quelque 983 millions de dollars manquent toujours auPlan de travail 2006 pour l'ensemble du Soudan, a-t-il aussi précisé.Plusieurs secteurs vitaux ont reçu moins de 20% des sommes demandées.Quant aux programmes humanitaires dans le Sud-Soudan, ils ne sontfinancés qu'à hauteur de 17%. Il a donc lancé un appel aux donateurs qui ont faitdes contributions moindres que l'année dernière ainsi qu'aux pays de larégion du Golfe. Abordant la situation au Tchad, le Coordonnateur asouligné que dans l'est du pays, les attaques contre le personnelhumanitaire et les populations civiles sont au moins aussi graves sinonpires qu'au Darfour. Toutes ces attaques sont menées en toute impunité,a-t-il dénoncé, ajoutant que les institutions des Nations Unies et lesONG ont été forcées de réduire leur personnel et leurs programmes dansde nombreuses zones. Seulement 25% des 179 millions de dollars demandésont été débloqués. Le Coordonnateur a dit attendre des donateurs descontributions supplémentaires pour l'opération au Tchad. Toujours à propos de l'est du Tchad, il a attirél'enrôlement forcé par les divers groupes armés des réfugiés et lespersonnes déplacées, y compris des enfants. Cela, a-t-il averti,compromet le caractère civil et humanitaire des camps et accroît leurvulnérabilité aux attaques. Les réfugiés et les personnes déplacées sont aussimenacés par les attaques des milices et des rebelles et par une totaleabsence d'autorité dans la région. Au moins 13 000 personnes ont fui leTchad vers le Darfour, au cours des dernières semaines, a dit JanEgeland, qui a anticipé une dégradation de la situation. A cela s'ajoutela Tchétchénie, guerre sur laquelle est jeté un voile pudique au nom dela non ingérence. Il s'agit pourtant bien d'un pays souverain détruitpar la Russie. LaSomalie, un conflit qui s'éternise et dont on ne parle plus depuis queles américains en sont partis assez lamentablement (pas asseztélégénique). L'Afghanistan, l'Irak (ça on sait...)
La liste est encore longue, NE LES OUBLIONS PAS dans notre "confort" quotidien!
|